Suivis individuels

La démarche que nous proposons est double et se résume en deux mots : contrainte, mais accompagnement. Cette contrainte (ordonnance de justice) est surtout utilisée comme un levier pédagogique, prémisse au développement d’une relation de confiance et d’attachement entre le travailleur du Dispositif Relais et le jeune. L’accompagnement qui en découle s’effectue en souplesse dans l’environnement du jeune avec la perspective d’une possible réussite crédible, à court ou moyen terme.

Il s’agit d’un travail fondamental d’accompagnement individuel (tuteurs de désistance/résilience). Il semblerait que les interventions qui fonctionnent ont les caractéristiques suivantes : fournir au jeune des tuteurs, recréer du lien, croire en lui, travailler la culpabilité et le sens moral, développer les habiletés sociales, construire un projet personnel, déterminer un projet professionnel, implanter une optique restauratrice et travailler dans la durée. C’est en effet une évidence de dire que le manque de perspective professionnelle participe aux facteurs de délinquance. Le passage à l’acte résulte souvent d’un faux-pas à défaut de béquille adéquate. Nous tentons de devenir cette béquille. L’accompagnement permet de réaliser un suivi professionnel, de modifier la contrainte éventuelle en demande. On parle aussi « d’accompagnement opérationnel » ou encore « d’accompagnement personnel au changement ».

Nous proposons donc un accompagnement personnalisé du jeune au cours de ce processus de changement ou d’évolution qui a lieu pendant la recherche d’une formation ou d’un emploi. Il permet la transition, de passer d’un état présent insatisfaisant à un état désiré (objectifs d’insertion par la recherche de formation ou d’un emploi). Il accompagne le changement, anticipe et temporise les frictions dues au changement, permet de rester positif, de garder la direction de l’objectif et ce même dans les phases de turbulence (facteurs bloquants qui empêchent l’insertion) ou de confusion.

L’accompagnant/tuteur est en position haute sur le processus de changement, mais en position basse sur le contenu pour aider le jeune accompagné à progresser en autonomie.

Ce projet d’intégration à la formation ou à l’emploi constitue la base et le pivot de nos activités régulières et permet par cela une prise en charge globale et qui a du sens. En effet, notre approche est intégrée et globale et s’oppose au cloisonnement des différents services. En effet, les jeunes sont souvent « ballotés » d’un service à l’autre, en fonctions des différentes aides dont ils ont besoin (à la formation, à l’emploi, juridique, administrative, psychosociale, au logement, etc.). Or, dans l’accompagnement que nous proposons, tout est intégré dans un même lieu et fait par de mêmes personnes, car toutes ces démarches visent un même objectif : l’intégration sociale et à l’emploi de ces jeunes. Chacun des différents pôles va permettre de renvoyer au jeune des expériences positives et surtout permettre d’avoir un emploi, ce qui permet une accroche indispensable dans notre travail et le développement d’une relation de confiance.

Ainsi, notre action s’articule autour de deux axes :

Tout d’abord, notre axe accompagnement formation/emploi, qui vise à offrir un lieu de parole où le jeune (ex-)détenu(e) peut exprimer ses difficultés dans un climat de confiance. Il vise également à garantir l’accompagnement des démarches de ces jeunes en vue de leur réinsertion à la sortie de prison, un soutien au projet individuel de réinsertion sociale de chaque jeune, une aide administrative et juridique, un travail psychosocial sur la résilience et la désistance (arrêt de l’activité délinquante) et la collaboration avec les familles. Cet accompagnement se fait sur mesure et fait souvent appel à la créativité selon le projet spécifique et unique à chaque jeune.

Ensuite, notre axe éducatif « en soirée » vise à proposer des activités culturelles et socio-sportives (atelier de théâtre-action, sorties culturelles, séjour de rupture, hippothérapie, atelier maîtrise de soi et initiation à la non-violence par les arts martiaux, activité « voile », etc.) favorisant la résilience, le renforcement des habiletés sociales et permettant de (re)créer du lien avec la société. 

En effet, en journée, les jeunes sont alors en formation ou à l’emploi. Le soir, ils font des activités éducatives qui vont les sortir de la délinquance et de la rue, aussi bien psychologiquement que physiquement.

Nous sommes actuellement la seule structure bruxelloise qui s’occupe spécifiquement des jeunes détenus et ex-détenus de 18 à 25 ans possédant ce paradigme-là. De plus, la plus-value de notre organisme réside en son approche holistique et globale dans la quelle on ne cloisonne plus les différentes interventions pour les jeunes. Il s’agit pour nous de la modélisation d’une méthode de travail qui a fait ses preuves au niveau de son efficacité.

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